Dossier entretien : la révision périodique des 2-roues

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L’époque n’est pas encore arrivée où motos et scooters de toutes marques pourront se passer de cette bonne vieille révision. Au delà de la simple vidange, cette véritable inspection générale est d’autant plus importante qu’elle conditionne directement la durée de vie de votre véhicule, son parfait état de fonctionnement et donc votre sécurité. Respecter sa fréquence est une chose, mais il faut aussi savoir tenir compte des conditions réelles d’usage de son véhicule pour, parfois, anticiper le moment de le faire ausculter…

En effet, au delà de ses spécificités techniques, un deux-roues ne va pas s’user de la même façon suivant qu’il est exclusivement utilisé sur route ou en ville, en tant que véhicule de loisir ou comme véritable cheval de trait. Et autant il peut avoir « l’entretien facile » si sa vie est faite de temps de chauffe respectés et de belles routes ensoleillées et sinueuses, autant il peut connaître l’enfer s’il doit affronter quotidiennement et du matin au soir de petites distances, multiples arrêts et autres démarrages aux feux rouges qu’impliquent notamment la circulation dans les grandes agglomérations.

Doubler la mise, pas les pertes…

Dans ces dernières conditions (où il arrive que le véhicule soit aussi parfois considéré comme « chaud » avant même d’avoir démarré), les bougies sont mises à rude épreuve, l’huile du moteur se dégrade plus vite, l’embrayage, la boîte de vitesses ou le variateur ne connaissent guère de répit tandis que le système de freinage est sollicité en permanence (cf. cet article sur le sujet). La qualité de notre environnement n’étant par ailleurs pas encore au niveau de celle dont nous rêvons, le filtre à air s’encrassent lui aussi à vitesse V, si bien qu’avancer de plusieurs centaines de kilomètres l’échéance fatidique de la révision (passer, par exemple, de 6 000 à 5 000 km ou de 12 000 à 10 000 km sur les véhicules plus récents) se révèle extrêmement judicieux pour qui souhaite ménager un tant soit peu sa monture. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard s’il est précisé dans tous les manuels de l’utilisateur qu’il convient de rapprocher les intervalles de révision en cas d’utilisation en atmosphères « difficiles »…

Négliger cette révision sous prétexte de faire des économies est pure illusion car à mesure qu’il accumule ses kilomètres, le véhicule devient à l’inverse de moins en moins économique. Non seulement il s’use plus vite en fonctionnant avec sa vieille huile, ce qui peut également à la longue conduire à la casse du moteur, mais un filtre à air encrassé, un mauvais réglage de ralenti ou encore une bougie défectueuse provoquent aussi surconsommation et baisse des performances. Au final, cela revient à donner plus d’avoine à vos chevaux pour les faire galoper moins vite, soit une double perte.

Demandez le programme !

Chaque véhicule possède son propre programme d’entretien, c’est-à-dire un nombre précis et variable d’interventions de remplacement et ou de contrôles à effectuer à intervalles kilométriques réguliers. Si certaines opérations courantes telles que la pression des pneus, la surveillance des niveaux ou la vérification de l’éclairage peuvent (et même doivent) être réalisées tout aussi régulièrement par le propriétaire, d’autres, semblant parfois tout autant anodines, peuvent en revanche très vite se transformer en de véritables galères pour qui s’y lancerait sans être aguerri.

Ainsi, une simple vidange nécessite souvent le démontage de beaucoup d’éléments de carrosserie, voire une partie ou l’intégralité d’un pot d’échappement afin d’accéder au filtre à huile, avec les nombreux risques de brûlure que cela comporte et à supposer que l’on dispose à la fois des compétences nécessaires, du bon outillage, mais aussi que l’on sache précisément où et comment se débarrasser de l’huile usagée. Sans compter qu’une vidange « faite sur le trottoir » ou « dans le fond du garage » se solde souvent par une quantité non négligeable d’huile répandue hors du réceptacle normalement prévu à cet effet, suintant le long des carters du moteur pour maculer le sol, les outils et vos doigts. Et ce, à la vidange comme au remplissage…

Les professionnels constatent surtout que lorsque la vidange du véhicule est effectuée par son propriétaire, ce dernier oublie parfois de remplacer le joint du bouchon de vidange ou serre beaucoup trop fort le filtre à huile quand il n’oublie pas de lubrifier son joint avant le montage. La simple vérification du niveau de l’huile est d’ailleurs elle-même une procédure propre non pas à chaque constructeur mais bien à chaque véhicule : avec le moteur chaud ou froid, véhicule ayant roulé ou non, posé sur sa béquille centrale ou avec les deux roues posées au sol, ce qui nécessite alors l’aide d’une tierce personne…

La saison des châtaignes

On peut aussi penser qu’il est relativement simple de remplacer soi-même la ou les bougies de son véhicule. Certains d’entre nous conservent d’ailleurs probablement et de façon indélébile le souvenir d’une trousse à outils, bien rangée sous la selle avec, au milieu des outils et chiffons, la brosse de nettoyage, le jeu de cales ainsi qu’une ou deux bougies de rechange… Aujourd’hui, peu d’entre nous s’aventureraient à risquer la « châtaigne » pour avoir vérifié que les antiparasites ont bien été rebranchés car là encore, l’accès aux bougies est parfois devenu très difficile, du moins en termes de temps passé. De plus, si la dépose du carénage, du réservoir et de la selle restent relativement aisés, il peut s’avérer nécessaire de pousser plus loin les investigations, parfois jusqu’à démonter ici un radiateur de refroidissement, là une partie du cadre de la moto…

Enfin, si une maintenance périodique correcte nécessite du temps et de l’outillage, elle exige aussi de réelles compétences techniques car elle ne se limite pas seulement à ces opérations de vidange et de remplacement des bougies et autres filtres. La liste des contrôles peut parfois même être très longue tout autant que minutieuse, nécessitant aussi bien l’outillage adéquat qu’une parfaite connaissance du véhicule concerné et l’œil réellement exercé d’un technicien compétent. Plus que pour la longévité du véhicule, il en va de votre sécurité si bien que nous ne saurions que trop vous recommander de confier cette opération à un professionnel qualifié.

En résumé, à moins d’aimer passer son temps à éliminer l’huile incrustée sur le moteur, sur le sol et sous les ongles, on gagnera son temps (ainsi que celui de la tierce personne qui, plus haut, nous a aidé à tenir la moto bien droite) à faire appel à un professionnel qualifié pour procéder à la révision de son deux-roues. Plus sérieusement, ce dernier sera non seulement apte à traquer d’éventuelles fuites, bruits suspects et autres anomalies, mais il saura aussi vous conseiller à l’approche de l’échéance du remplacement des pièces d’usure comme les freins, les pneumatiques ou la transmission.

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