Dossier entretien : de l’importance de soigner ses pneumatiques

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Que le bitume soit brûlant ou gelé, détrempé, recouvert de feuilles mortes ou sec et accrocheur, les pneumatiques de votre deux-roues doivent « assurer » en toutes circonstances afin de vous mener chaque jour de l’année à bon port. Mais avez-vous jamais songé à toutes les contraintes qu’ils encaissent à longueur de kilomètres et donc à l’importance de leur état ? D’ailleurs, à quand remonte la dernière fois où vous avez vérifié leur pression ? Voici donc pourquoi il est primordial de surveiller régulièrement ses pneumatiques.

Simples d’apparence, les pneumatiques d’un deux-roues sont pourtant des éléments techniques extrêmement complexes. Structure et pouvoir de déformation de leur carcasse, composition de leur gomme ou encore profil sont autant de caractéristiques qui doivent permettre à un pneumatique de répondre à l’ensemble des fonctions demandées et ce avec seulement quelques centimètres carré de gomme en contact avec le sol.

Carte postale

Le « problème », c’est que le degré de sophistication des pneumatiques modernes (et donc leurs performances) est tel qu’on a parfois tendance à oublier que notre sécurité repose sur ces quelques centimètres carré. Cette surface d’à peine la taille d’une carte postale (pour les deux roues, et non pas par roue) est d’autant plus importante que les pneumatiques sont le seul point de contact de votre machine avec le sol. Sans oublier qu’ils ont un tas de missions à accomplir. Ainsi, ils doivent tout d’abord porter le véhicule. Cela sonne peut-être comme une évidence mais cette fonction est capitale, en ce sens où les pneumatiques doivent non seulement supporter le poids du véhicule et de son conducteur (plus un éventuel passager ou des bagages), mais aussi encaisser les transferts de charge énormes qui se produisent lors des accélérations et des freinages.

Plus difficile encore, les pneumatiques doivent guider votre deux-roues avec précision et stabilité. Des paramètres qui dépendent de la capacité des pneus à encaisser les efforts transversaux, alors que cette même capacité est directement liée à la pression de chaque pneumatique. Tous les deux-roues ont en général une pression bien spécifique par pneu et c’est cette différence de pression entre le pneu avant et le pneu arrière qui permet notamment de garantir la stabilité de la trajectoire. D’où l’extrême importance de vérifier la pression au moins une fois par semaine.

Ça roule ?

Ce qui semble plus évident encore, c’est qu’un pneumatique doit permettre de rouler ! Une fois de plus, un pneu gonflé à la bonne pression roulera plus régulièrement, offrira moins de résistance au roulement et apportera le maximum de sécurité. Ah, j’allais oublier, il durera aussi plus longtemps. Car l’une des fonctions d’un pneumatique est aussi de durer. Là, il ne s’agit pas tant du nombre de kilomètres qu’il effectuera mais plutôt de sa capacité à conserver son niveau de performances durant ces kilomètres. Et c’est une fois de plus la pression du pneumatique qui joue ici un rôle capital, puisqu’elle agit directement sur la dimension et la forme de la surface en contact avec le sol, ainsi que sur la répartition des contraintes sur les points de contact du pneu au sol.

La répartition de ces efforts est d’autant plus importante que le pneumatique doit aussi transmettre la puissance du moteur ainsi que celle du freinage, et ce aussi bien en ligne droite qu’en courbe. Enfin, le rôle d’un pneumatique est aussi d’amortir en absorbant les irrégularités de la route. Il participe donc, par sa souplesse et l’élasticité de l’air qu’il contient, au confort de roulage. Les pneumatiques doivent donc assurer tant de fonctions qu’ils méritent bien qu’on s’attarde sur leur état et leur pression.

Si nous insistons à ce point sur le contrôle de cette pression, c’est surtout parce qu’elle constitue un facteur capital de la sécurité. Ainsi, des pneumatiques sous-gonflés risquent par exemple d’éclater. De même, leur usure ne sera pas régulière et ils pourront surtout se dégrader très vite, parfois jusqu’à provoquer une mise à plat brutale. Trop ou pas assez gonflés, leurs performances diminuent et les conséquences peuvent être désastreuses : augmentation des distances de freinage, risques d’aquaplaning, stabilité compromise en ligne droite et sur l’angle… Et pour vous inciter un peu plus à vérifier régulièrement cette pression, sachez qu’elle influence directement la durée de vie de vos pneus.

Vérifier ses pneumatiques

La pression de gonflage à respecter est impérativement celle préconisée par le constructeur de votre deux-roues. Elle est précisée dans le manuel d’utilisation du véhicule et doit, de préférence, être vérifiée « à froid ». En effet, pour un même volume d’air, la pression d’un pneu augmente en fonction de la température de ce dernier. C’est aussi pourquoi il ne faut jamais dégonfler un pneumatique qui vient de rouler. Si vous êtes amenés à vérifier cette pression alors que les pneus sont chauds, il faut alors majorer de 0,3 bars la pression préconisée par le constructeur. Portez aussi une attention particulière au bouchon de valve puisque celui-ci participe à l’étanchéité du pneu. Ainsi, à grande vitesse de rotation, l’obus de valve peut, par centrifugation, se mettre à fuir légèrement.

Naturellement, une attention spéciale doit être portée à l’état général de vos pneumatiques et le contrôle doit être effectué en plusieurs endroits de celui-ci. Tout d’abord, la profondeur des sculptures. Le rôle de ces dernières étant d’évacuer l’eau sur chaussée humide, il ne faut pas attendre de dépasser la limite d’usure pour les changer. Cette limite se vérifie soit avec une jauge de profondeur, soit en se référant aux témoins d’usure présents sur la bande de roulement. Après cette première vérification, inspectez soigneusement la bande de roulement ainsi que les flancs des pneumatiques afin de déceler la présence de corps étrangers (clous, morceau de verre…) mais aussi de vérifier qu’ils ne présentent pas de coupures, de craquelures, d’usure irrégulière ou de détériorations localisées types « hernies » (ces dernières pouvant survenir suite à des chocs reçus lors de passages dans des nids de poule ou en montant sur des bordures de trottoir). Si vous remarquez la moindre anomalie ou si vous n’êtes pas certain de votre « diagnostic », n’hésitez pas à faire vérifier vos pneumatiques par un professionnel : il en va de votre sécurité !

Envisager leur remplacement !

Il existe plusieurs cas où les pneumatiques doivent impérativement être remplacés. Le premier d’entre eux peut survenir suite à une simple crevaison et seul un professionnel, après démontage et inspection du pneumatique, saura vous dire si l’enveloppe intérieure peut ou non reprendre du service, surtout si vous avez été amenés à rouler à plat. Si vous avez réparé en utilisant une bombe anti-crevaison, il est d’autant plus important de faire vérifier le pneumatique par un professionnel que le produit d’étanchéité injecté peut poser des problèmes de compatibilité avec le pneu, mais aussi la roue, la valve ou, pour les motos qui en sont équipées, avec le capteur de pression du pneumatique.

De même, sachez qu’en cas de crevaison sur les flancs, le pneumatique d’une moto est irréparable. Il faudra aussi le changer impérativement en cas de tringles déformées ou apparentes, d’usure laissant apparaître la toile ou la carcasse, d’éraflures ou de présence de corps gras ou de substances agressives et enfin de dégradation survenues suite à un roulage sous-gonflé.

Bien sûr, et comme nous l’avons vu précédemment, il faut aussi changer ses pneumatiques lorsque la limite d’usure est atteinte, voire un peu avant. Au delà de cette usure, et nonobstant le fait que vous soyez en infraction par rapport au code de la route, les pneus ne garantissent alors plus un niveau de sécurité suffisant sur chaussée humide. Il faut aussi que les pneumatiques soient correctement équilibrés, car au delà de vibrations désagréables (et parfois dangereuses), un mauvais équilibrage peut causer une usure irrégulière ou anormale. Et puisque l’équilibrage se modifie à mesure que le pneumatique s’use, il est également recommandé de faire vérifier ce dernier à un rythme semestriel. Bien sûr, il vous en coûtera un peu d’argent mais vous ferez au final des économies puisque des pneus bien équilibrés durent aussi plus longtemps !

Le bon choix

Enfin, parlons un peu du choix des pneumatiques. Il faut tout d’abord bien réfléchir à l’usage que vous allez en faire car même si cela semble évident, il est toujours bon de rappeler qu’il ne sert à rien (et qu’il est coûteux) d’équiper son deux-roues des derniers pneus sportifs à la mode si ce dernier n’est utilisé que pour la promenade ou le trajet boulot-dodo. Pire, un pneu sportif étant par définition conçu pour réaliser des « temps » sur circuit, il se montrera inadapté à un usage routier où son adhérence sur sol mouillé et sa longévité seront inférieures à un pneu routier. D’ailleurs, ce n’est pas parce qu’un pneu est dit « routier » qu’il n’autorise pas une conduite sportive. D’une manière générale, les constructeurs de deux-roues proposent dans le manuel de l’utilisateur une liste des pneumatiques préconisés : c’est le meilleur choix, ne serait-ce qu’en ce qui concerne le respect des dimensions, structure (carcasse radiale ou diagonale), indices de vitesse et de charge… Enfin, une fois vos beaux pneus tous neufs installés sur votre machine, n’oubliez pas qu’une petite période de rodage leur est nécessaire pour obtenir le maximum de leurs performances. Ainsi, pendant 100 à 150 km, vitesse modérée et prises d’angle progressives seront de rigueur.

Vos pneumatiques sont donc d’une importance ca-pi-ta-le ! Négliger leur entretien, c’est jouer avec votre sécurité ainsi qu’avec celle des autres usagers de la route. Leur accorder toute l’importance qu’ils méritent, c’est assurer leurs performances maximales ainsi qu’augmenter leur durée de vie. Un dernier conseil, ne zigzaguez pas en pensant qu’ils vont chauffer plus rapidement car un pneumatique s’échauffe naturellement du centre de sa bande de roulement vers ses flancs. Zigzaguer avec des pneus froids, c’est risquer la gamelle. Bien sûr, vous voyez les pilotes effectuer cette manoeuvre juste avant de se positionner sur la grille de départ d’une course. S’ils font cela, ce n’est pas pour chauffer leurs pneumatiques (ils se sont élancés des stands avec des pneus déjà en température puisque placés sous couverture chauffante) mais pour les maintenir en température.

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